Contexte et Philosophie d’Action

Nous vivons dans une société dominée par l’intellect, la rationalisation, le diktat de l’image et de la performance. Nous nous nourrissons de biens matériels, et vivons bien souvent dans l’urgence du temps… Course folle de nos vies qui embarque nos corps. De plus en plus fréquemment, notre corps pose ses limites (maladie, burn out, etc.), à défaut de s’être écouté.

Hier individuel, ce phénomène s’est répandu et est devenu sans conteste l’un des freins majeurs au bon fonctionnement de notre monde politique et de nos économies, frappant en plein coeur les entreprises, les organismes publics et leurs managers. « Mal-à-être » au travail et en société, crise des repères, perte du sens des actions et démotivation… Ces signaux manifestent le désarroi d’un nombre de plus en plus important de gens qui n’arrivent plus à faire face au rythme accéléré du changement.

Dans ce contexte, La Grande Fabrique se situe dans la continuité et à l’interface de mouvements lancés par des philosophes de renom comme Patrick Viveret (France) avec la création du groupe de travail sur la question humaine (Dialogue en humanité) ; par des économistes comme Amartya Sen, Prix Nobel d’économie, préoccupé par l’éthique, le développement, la pauvreté ou encore au regard des efforts portés par l’ONU et d’autres organismes internationaux pour définir ce qu’ils nomment des indicateurs du développement humain (IDH).

Inscrite dans cette lignée des humanistes, La Grande Fabrique des Richesses de l’Humanité a pour vocation de rappeler combien la place de la ressource humaine (l’Homme) et des émotions positives se situent au coeur des dispositifs «donnant-donnant / gagnant-gagnant » et des enjeux d’évolution de nos sociétés. Jean-Loup Chrétien, 1er astronaute français et européen de l’Ouest à être allé dans l’espace en 1982, parle d’évolution planétaire et défend l’idée selon laquelle : « Le combat actuel de l’évolution de l’homme planétaire ne relève plus d’un enjeu physique, mais se joue au niveau de l’intelligence humaine ». Nous pourrions compléter en parlant d’intelligence émotionnelle.

Dans ce sens, réhabiliter la « manière » de nous penser en société, autrement dit d’ETRE, nous apparaît comme une des nécessités actuelles d’accompagner le changement.